Shanghai a encore pas mal de vieilles rues et de maisons traditionnelles, mais beaucoup sont en ruine et les promoteurs et les Chinois préfèrent de loin vivre dans des tours modernes. Triste, mais
peut-on en vouloir aux gens ?
Un Shikumen, une maison traditionnelle shanghaienne, ce n'est pas vraiment adapté à la vie moderne.
Tout commence avec la rébellion de Taiping 太平 (grande paix). Au XIXe siècle, un homme nommé Hong Xiuquan a fondé un mouvement théocratique qui remettait en cause la dynastie Qing et son modèle de
société. Ce n'était pas le seul à remettre en cause le règne des Qing. Les différentes catastrophes (famine, occidentaux) qui s'abattaient sur la Chine en ce temps-là avaient fait pensé aux gens
que e mandat céleste des Qing étaient finis, qu'il fallait les remplacer.
La secte de Hong Xiuquan, devenue une armée rebelle prends Nankin et crée le royaume de Taiping. Je m'arrête là sur le sujet. Il est très intéressant de voir la société crée à Nanjing, certains y
voient des précurseurs du maoisme, mais mons sujet, c'est les Shikumen. Ces troubles poussent une population nombreuse à se réfugier non loin de là, dans une ville où ils auraient la protection des
armées impériales et occidentales : Shanghai.
Mais Shanghai fait peur à ces provinciaux. Pour retrouver leur paradis anciens tout en s'imprégnant de culture urbaine et occidentale, ils créent les Shikumen (cela veut dire porte en pierre). Des
bâtisses en briques bordant des rues étroites, fermées sur elles mêmes, comme pour se protéger, avec leur cour intérieure typique des constructions du Yangtse. Mais aussi, des décorations en
pierres sculptées, à l'occidentale.
La surpopulation, notamment pendant la seconde guerre mondiale a fait que ces maisons, prévues a l'origine pour une famille, ont été habitées par 4 voire 5 familles rendant ces lieux terriblement
insalubres. De même, pendant le communisme, tout le monde s'observait et savait ce que faisait l'autre. La génération de l'ouverture de la Chine n'a donc pas été de prime abord très friendly avec
ces modèles d'habitation.
Cependant cela change un peu. Quelques uns sont rénovées. Un quartier de plaisir pour touristes, expats et riches Chinois a été construit, Xintiandi (nouvelle ère). Le nom est intéressant, on peut
penser que Xintiandi est un peu ce que les Chinois veulent montrer comme vitrine de leur nouvel urbanisme, en même temps que leurs tours flambant neuves. Même si pour nous, les européens adeptes du
vieux et de la notion de cachet, on pense d'abord à Disney World en se baladant dedans.
De même, la préparation de l'Expo a lancé une grande campagne de rénovation des Shikumen, enfin plutôt de ravalement de façade et de coup de peinture à la va vite. Je suis un peu critique, mais
cela reste néanmoins un début de prise de conscience de ce patrimoine et de protection.
Cet article ne doit pas être trop pris au sérieux. Mes sources sont surtout des discussions avec des Shanghaïens, donc ce n'est pas assez complet, je peux tout à fait me tromper, mais c'est comme
cela que je vis le truc.
Le chanteur est m'a t-on dit un ancien de la star ac 4 qui n'avait pas fait long feu. Ici, il tourne pas mal dans les salles de Puxi, quant à sa
notoriété, je n'en sais rien, mais bon comique, comme quelques trucs qu'on trouve en Chine.
Si un Chinois essait de vous parler musique française, il ne dira pas comme un américain Edith Piaf, il est loin de ce cliché là le Chinois : il vous parlera de Alizée et Helene Segara, et bim
!
Connaissez vous les Mexicains de Barcelonette ? Barcelonnette est une petite ville des
Alpes de Haute Provence dont quelques habitants ont émigré au Mexique au XIXe siècle, ont fait fortune, puis sont revenus construire dans leur ville de naissance de somptueuses maisons de
maître.
Kaiping, c'est le même système. Les habitants du GuangDong sont de grands voyageurs, c'est pour cela peut êtreque la cuisine cantonaise est la plus répandue en dehors de Chine.
Certains Chinois au début du XXe siècle ont fait fortune en Asie du Sud Est, ou aux Amériques, et sont revenus riches pour construire de drôle de construction : de hautes bâtisses isnpirées par
l'architecture occidentale et extrême orientale.
La région n'était pas très paisible à l'époque, beaucoup de brigandage, une situation politique instable. Ces maisons étaient des forteresses contre les brigands, des réservoirs de grains (des
rizières, des rizières, des rizièrs !) et des lieux d'habitation.
A Canton, il existe un marché spécialisé dans la médecine chinoise. C'est très intéressant,
dans des dédales de rues se trouvent toutes sortes de... choses... dédiée à la pharmaceutique traditionnelle. Impossible de trop identifier toutes les substances séchées disponibles. J'ai reconnu
des hyppocampes ! Mais vraiment, mes yeux ont eu un peu peur de trop s'attarder sur ce qu'il y avait exactement.
La médecine chinoise dite traditionnelle reste très importante ici et très utilisé. Même dans la franchise de supermarché coréen en bas de chez moi, on trouve un rayon assez vaste de produits de ce
genre.
En chirurgie cardiaque, il arrive - dans des cas cependant rares et très contrôlés - d'opérer à coeur ouvert sous acupuncture.
L'autre jour, j'étais recouverte de piquure de moustique, la pharmacienne m'a donné du baume du tigre pour calmer ma peau.
Le chat nommé ragoût, comme quoi, il y avait aussi une partie nourriture ! (bon, ok, humour noir).
Une heure de prospection et d'achat sur internet, une heure et demie de vol, nous
voilà à Canton !
Canton est le nom donné à la ville par les Portuguais, ils ont du confondre avec le nom de la province, le Guangdong. Elle se trouve pas loin de Macao et de Hong Kong, au sud de la Chine, au
dessous du Tropique du Cancer.
Déjà, la différence avec Shanghai se fait bien sentir, exit les platanes, bonjour les banians. La ville est couverte de fleurs, c'est génial. Le soleil est très fort aussi, là où Shanghai ne nous
donne qu'une pâle lumière diffuse sous son halo de pollution.
La Golden week est le système de vacances nationales chinoises destinées à promouvoir le tourisme intérieur. Tous les guides touristiques, les sites pour expats déconseillent de sortir ou de
voyager pendant la golden week. La Chine entière est en vacances (j'ai eu la joie de découvrir les vacances de ma banque, "vous ne pourrez effectuer aucun virement international pendant la
semaine"). Mais bon, mon coloc et moi avons décidé de vivre une golden week, une vraie, façon routard.
Passer trois jours à Canton avec ses affaires de rechange dans son sac et son appareil photo à la main, une pauvre carte de la ville peut sembler poétique, aventureux, à Canton, c'est juste
stupide. La ville est très étendue, il fait chaud, les chauffeurs de taxi cantonais sont nuls (j'ai du faire un scandale au sortir de l'aéroport pour que le chauffeur mette le compteur en route
et me fasse pas payer une surtaxe), le métro est anémique. (Shanghai où es tu ?). Nous avons beaucoup souffert dans nos chairs, mes pieds ne sont absolument plus présentables, même
dans des escarpins Clergerie. Pour réussir un voyage à Canton, prévoir des chaussures de marche très confortable et une carte écrite en chinois très précise, ce sont mes orteils qui parlent.
Trois jours pour Canton sont amplement suffisants, la ville a un certain charme, quelques monuments intéressants, mais je pense que la région du Guangdong est beaucoup plus intéressante à
découvrir. Le troisième jour, nous avons pris le bus pour Kaiping et cette journée à la campagne m'a beaucoup plus mise dans une ambiance vacances.
Peut être est-ce aussi parce que nous vivons déjà en Chine, alors la plupart des choses dites exotiques ne le sont plus vraiment et que le calme campagnard nous plonge dans une certaine extase.
"OOOh écoute, il n'y a que le bruit du vent".