Mercredi 16 septembre 2009
Pensée brève :
Obama n'est pas parfait, il utilise aussi des gros mots. Quel scandale, à quand l'impeachment ?

Plus sérieusement, je cherche dans ma tête et je me demande si Internet a réellement ce pouvoir qu'on décrit partout dans les journaux, est-ce que les hommes politiques avaient plus de marge de manoeuvre avant la 3G et le web 2.0 ?
Après tout, on a déjà eu Chirac et ses accidents de micros européens (« Qu’est-ce qu’elle veut encore, la ménagère, mes couilles sur un plateau ? »).
Mais est-ce la même chose ? L'"abruti" d'Obama, c'est un peu comme prendre une citation au vol de quelqu'un dans la rue et la poster direct au vu et au su de tout le monde. Enfin, c'est comme cela que je vois l'incident, il parlait avec des journalistes de manière informelle, un journaliste d'une autre chaine a twitté le mot... Je ne connais Kanye West que pour ses dérapages, mais le président peut penser ce qu'il veut d'un de ses concitoyens. 

Et puis ce qui marche pour nos politiques, va pour nous aussi, internet, c'est un peu un Big Brother collectif. C'est dommage. Il n'y a plus aucun droit à l'erreur. Et pendant ce temps là, mon grand frère regarde les photos prises par un portable de moi saoule...

Après ces platitudes, zaijian !
Par GhengisK - Publié dans : Oisive Ghengis
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Dimanche 13 septembre 2009
Une idée merveilleuse à partager !

Au coeur de Puxi, la rive ouest de Shanghai et son centre traditionnel, se trouve People Square, une place d'une taille respectable : c'est plus un petit parc qu'un square en réalité.
Aujourd'hui, envie de marcher, de me mêler aux foules, et de respirer ce bon air, lourd de pollution et d'humidité, qu'est l'air shanghaien. Alors je propose à mon coloc d'amour de nous dégourdir les gambettes quelques heures dans ce square, situé à dix minutes de chez nous.

En nous promenant, nous arrivons sur une placette ombragée où des chinois nous parlent en Anglais et nous bombardent de questions. Il y en avait d'abord un, puis deux, puis trois, puis neuf ! Mon coloc dans un coin, moi dans un autre avec une dizaine de chinois chacun à bavarder de toute sorte de choses en Anglais. Je trouvais cela amusant, mais surtout très étrange : je n'avais jamais vu autant de Chinois en même temps parler si bien Anglais !

Puis on m'a donné l'explication. Il s'agissait de l'English Corner de People Square. Un endroit où les gens se retrouvent pour parler Anglais tous ensemble.

Nous avons sympathisé avec deux étudiantes chinoises de la même université que nous. Elles nous ont proposé de manger avec elles. C'était l'occasion de voir comment deux jeunes de notre âge passaient leurs soirées. Le dimanche soir est une soirée très prisée pour sortir pour les Chinois. Tout est ouvert, tout le monde est dans les rues. Nous les avons donc suivi sous terre pour découvrir un véritable centre commercial sous le square. Les Shanghaiens sont très fiers de leur cuisine, épicée, cuite à la vapeur et par là très saine. Mais s'il est une franchise qui a bien réussi son implantation ici, c'est Kentucky Fried Chicken. Comme Armand et moi sommes hyper conciliants, nous les avons suivi dans ce temple du fade et du frie. "Et dire que tu râlais à midi parce que tu trouvais ma cuisine trop grasse ?!". Mon ami m'avait cuisiné une omelette aux pommes de terre avec des boulettes de viande ! Ce n'est pas ce que j'appelle de la nourriture saine et je voudrai manger plus couleur locale... Après avoir risqué une crise de foie et un diabète entre trois chicken wings, nous nous promenons dans ce monde sous terrain. Des Km d'échoppes proposant des perruques, des serres tetes multicolores, des noeuds noeuds en ruban, des robes dignes du Japon, et tout plein de jeunes marchandant leurs achats. C'était très sympa d'apprendre de ces deux filles. Elles étudiaient l'anglais, l'une voulait aller au Canada, se trouver un copain, avoir un tatouage, l'autre voulait rester à Shanghai le plus près de sa famille, épouser un Chinois traditionellement et menait une vie paisible. Deux visages de la Chine ? Le plus amusant était que la première, Serena, était très timide, introverti et silencieuse, la seconde, Summer, était très expansive, fluide dans son expression, tourbillonante.

Il faut que je me trouve un nom chinois, le mien est trop compliqué pour eux, mais pas facile. Un nom qui ressemble au mien phonétiquement et ne signifie rien ou une signification amusante ?
Par GhengisK - Publié dans : Ghengis 去上海!
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Jeudi 10 septembre 2009
Alors que je parcourais distraitement le blog www.poptronics.fr, une autre grande découverte de mon gourou ès web 2.0, thibautthomas.com, j'ai été étonné par un billet sur un groupe nommé Girls. Groupe sans filles, mais ce n'est pas ca qui a attiré mon regard.

Christopher Owens, membre du groupe, serait une espèce de Jarod du réel. Il a vécu toute son enfance de communauté en communauté des enfants de Dieu (la secte des années 60 où ont été élevés aussi les frères Phoenix). Amusant à savoir mais ce n'est pas cela qui m'ait vraiment donné envie de chercher un moyen d'écouter leurs morceaux au travers de cette merveileuse blague qu'est internet en Chine.
Une voix à la Elvis Costello disent les poptronics : ça, ça m'intéresse, j'adore pump it up.

Le son me fait penser à certains rock américain des années 50/60, Beach Boys ou Buddy Holly (et là je suis contente parce qu'en relisant l'article du blog, c'était les réf qu'ils donnaient, bon, ok, j'arrete l'autocélébration).
Il y a un côté Glasvegas aussi je trouve, mais ce n'est peut être pas une référence, rock de Glasgow, quoi. Elvis Costello.
Par GhengisK - Publié dans : Cultivée Ghengis
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Jeudi 10 septembre 2009
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Après une bonne journée de ménage, formalités bancaires et autres tests de niveau en langue chinoise, je suis partie de chez moi pour une opération coiffeur. Cela faisait six mois que je n’y étais pas allée, il me fallait renoncer au look capitaine caverne.

Mon chinois hasardeux et ma peur des coiffeurs m’a donc poussé à aller dans un Tony&Guy pour l’assurance de pouvoir exprimer mes envies en anglais. Je me suis donc faite faire une permanente bouclée. L’air humide de Shanghai ne plait pas à mon carré lisse.

L’apprenti du salon, il s’est nommé Bruce en l’honneur de Bruce Lee (!), m’a exposé de manière laconique sa vision des femmes chinoises et occidentales… Pour le coiffeur en herbe, les femmes chinoises ne sont pas belles, aucune forme, aucune boucle, il faut épouser des occidentales. Je suis extrêmement angoissée chez les coiffeurs, et là j’avais mini Bruce Lee qui me demandait s’il pouvait être mon ami enchaînant par un « Have you any boyfriend ? Do you like Chinese boys ?». Ce n’était pas méchant, mais je ne savais pas quoi répondre. Après tout, il allait peut être s’occuper de mes cheveux après… Le bon mensonge diplomatique : « oui j’ai un copain, on vit ensemble ici ».

J’eus alors une petite pensée pour mon coloc, une image même : Armand grimaçant devant la machine à laver en tenant mon soutien gorge du bout des doigts « ce n’est pas que je te trouve dégoûtante, c’est l’image sexuée de toi qui me dégoûte ». 


Curieux cette vision des femmes tout de même. Pour moi, Gong Li est l’une des plus belles femmes du monde au même titre que d’autres. Je ne suis pas franchement attirée par les Asiatiques. Mais ce n’est pas catégorique, Jīnchéng Wǔ (Takeshi Kaneshiro) est un bel homme, Ryuichi Sakamoto aussi. Mes inhibitions se portent sur les tailles, je suis grande, je n’aime pas les moins grands.

En fait, j’ai du mal à appréhender notre côté si extraordinaire pour les Chinois. Même dans une ville comme Shanghai, très cosmopolite, il arrive que des gens s’arrêtent pour me fixer longuement. Des jeunes se sont même pris en photo en cachette avec moi, des vieilles mamies ont inspecté mon caddie de supermarché par curiosité… Il ne m’est jamais arrivé de fixer un black ou un asiat à Marseille par curiosité. Sûrement parce que nous sommes depuis toujours mélangés. Mes amies sont malgaches, viet, algériennes… Et encore, je suis une brune aux yeux légèrement bridés, un chinois m’a dit qu’à première vue, il a cru que j’étais chinoise, un autre ne me croit pas quand je lui dis que je suis euroméditerranéenne à 100%.

Par GhengisK - Publié dans : Ghengis 去上海!
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Mardi 8 septembre 2009
Shanghai est double, aussi occidentale que chinoise. Ses gratte-ciels sont aussi capitalistes, que son drapeau est rouge.

Marcher dans une rue, c'est autant éviter les velos, les crachats, et le linge qui pend accroché à un bambou que déambuler fièrement sur ses hauts talons en vérifiant discrètement que le géant aryen de 1m80 vous a remarqué alors que vous entrez dans le dernier bar lounge à la mode.
Il y a deux villes, deux vies.
Mon coloc et moi ne connaissons pas grand monde. Les cours à l'université n'ont pas commencé, notre niveau en chinois est abyssalement bas, on n'a peu d'occasion de sympathiser avec des Shanghaiëns. Mais votre blogueuse vous refait le coup new yorkais : j'ai des contacts français.

HSBC, votre banque partout dans le monde. Le Club oeno, vos contacts partout dans le monde.
Ma moitié et moi sommes donc invités à une petite sauterie entre francophones dans la concession française. Au programme, du vin, de la vodka française, du français, des jeux à boire, des VIE, des expats, des stagiaires en école de commerce. Tout un petit monde qui vient de débarquer dans le pays et ne connaît personne, parfait pour notre situation.

Fun Facts : quand on a expliqué ce que nous faisions ici, c'est-à-dire apprendre le chinois, ils nous ont tous regardé d'un air étonné... Je ne sais pas, ce n'est peut-être pas logique comme plan.

Very Fun Facts (rire gêné de circonstance pour masquer blablabala, appelé aussi rire chinois) :

Je ne me souviens pas de la soirée. Je ne sais pas ce qui s'y est passé. J'ai bu trois verres et bam ! trou noir. Mon coloc a eu toutes les peines du monde à me ramener, ne comprenant que deux heures après le début du trou noir que je n'étais pas dans un état normal et me laissant avaler n'importe quoi (j'ai habituellement une grande maîtrise de moi même et de ma consommation, ainsi qu'une bonne encaisse, habituellement). Depuis, il me glisse de temps à autre quelques bribes des choses que j'ai faites. Ca l'amuse de me faire mariner. Pour le moment, je sais que j'ai fait ma Grace Jones en faisant un concours de feulement avec un autre mec, fait des photos avec une chapska et une bouteille en chantant Michel Sardou avec d'autres, et invectivé mon coloc quand il a dit que nous devions rentrer en le traitant d'impie car non baptisé et lui promettant l'enfer.
Tout cela est très curieux : premièrement, je préfère le terme de mécréant, si peu usité de nos jours, et enfin, je ne crois pas en l'enfer mais au purgatoire. (Feuler et chanter le Connemara, c'est plus logique).

Aussi, j'ai eu peur d'avoir fait des choses pires, bien pires. Enfin surtout, des choses inconvenantes chez des gens qu'on ne connait pas beaucoup. Salir le mobilier des inconnus n'est pas un premier pas vers l'amitié.

Mais comme mon contact s'amuse à me poker toutes les dix minutes et parle de sa propre gueule de bois, et qu'un autre convive nous envoie une invitation, ça ne devait pas être si grave que cela.


Ca c'est pas une preuve que je fais des bêtises ? Une amie essaie de me consoler en disant que j'ai peut peut être absorber quelque chose en trop (ce qui expliquerait les hallucinations), mais ça ne me rassure pas plus...
Par GhengisK - Publié dans : Ghengis 去上海!
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