Hier soir, mon colocataire est parti faire un karaoke avec sa classe. J'étais seule, pas de nouvelles du boche de chez
Bosch, pas envie d'en chercher plus longtemps, ni envie de sortir dans la nuit, j'ai profité de ce moment. Il y avait si longtemps que je n'avais été en tête à tête avec moi même.
Nina Simone, un dry martini, une cigarette, et une pénombre rehaussée par les faibles lueurs de ma lampe de chevet. Je me sens une seconde, alcoolique toxicomane solitaire. Il y a un peu de cela,
mais on ne peut pas toujours être un animal politique flamboyant. J'irai rugir dans toute ma lumière 100% bio demain.
Dans la pénombre, il n'y a pas besoin de fermer les yeux pour ne sentir que soi et Nina Simone. Sa voix va directement au creux de la poitrine, donnant une vraie conscience de sa respiration. Comme
si toute ma tension s'écoulait au fur et à mesure. Ne plus penser, juste suivre les émotions du disque.
Autre jour, autres moeurs, au sortir d'un restaurant italien où nous avons quelques peu abusés de chianti, deux taxis, une rue déserte, nous avons ouvert les fenêtres en plein et demander au taxi
complice dans cette facétie de devancer l'autre. Kuai Kuai le ! S'époumoner dans la nuit toxique et rire en chinois, en français, en anglais et en italien.
Ce sont ces moments fugaces qui me donnent l'impression de vivre et de ne pas gâcher mon temps sur cette terre.
Et pourtant, ils n'ont aucune utilité.